Takahashi Mai – Dawn (Traduction)

Traduction de Dawn par Takahashi Mai, qu’on retrouve dans .Hack // Legend of the twilight (la vidéo est cependant de l’anime .Hack//Sign).

 

J’ai toujours adoré ton regard intense et brillant
Et même si des larmes coulent sur tes joues, ce n’est pas une faiblesse

Ne compte pas les impossibles, avance simplement

Il n’y a pas de nuit éternelle, et même si la pluie tombait,
Petit à petit, certes, mais elle prendra fin, dans l’odeur du vent qui passe
Oui, le chemin continue

Je ne répandrai jamais la tristesse d’un « adieu »,
Alors, même si le crépuscule amène l’obscurité, il n’y a pas à s’en faire

Tu n’as pas besoin d’avoir à te battre tout seul

Quand les étoiles dans le ciel pâliront et deviendront imperceptibles
Alors, sûrement sous peu, encore un peu et il viendra, le renouveau du matin
Dans ce monde qui s’étend à perte de vue, tu sembles prêt à t’envoler
Je t’observe, je t’observe d’ici, étreignant une émotion éblouissante
Oui, je serai toujours à tes cotés

Il n’y a pas de nuit éternelle, et même si la pluie tombait,
Petit à petit, certes, mais elle prendra fin, dans l’odeur du vent qui passe
Dans ce monde qui s’étend à perte de vue, nous pourrons marcher tous les deux mains dans la main
Ce miracle veillera sur nous,
Alors, tu n’as plus besoin d’avoir peur.


Sono tsuyoi hikaru manazashi ni istumo akogareteiru
Namida ga hoo wo nurashitemo sore wa yowasa ja nai yo

Dekinai koto kazoetari shinaide tada arukebii yo

Eien ni tsuzuku yoru wa nai yo tatoe ame furi demo
Sukoshi zutsu dakedo kawatteyuku yo sugiru kaze no nioi
Sô michi wa tsuzuiteru yo

« sayonara » sonna kanashimi wa kesshite hanatanai kara
Yûgure ga yami wo tsurete kitemo kokorobosoku wa nai yo

Hitori kiri de tatakaô nante omowanaide ii yo

Sore no hoshitachi ga usuku kiete miushinaisô na toki
Kitto ato sukoshi… mô sukoshi de kuru yo sore wa asa no otozure
Dokomademo tsuzuku kono sekai de ima ni mo tobesô na
Kimi wo miteru yo koko de miteru yo mabushii kimochi idaite
Sô itsumo soba ni iru yo

ien ni tsuzuku yoru wa nai yo tatoe ame furi demo
Sukoshi zutsu dakedo kawatteyuku yo sugiru kaze no nioi
Dokomademo tsuzuku kono sekai de futari te wo tsunaide aruite yukeru
Sonna kiseki ga mimamotte kureru kara
Mô kowagaranakute ii yo


その強い光るまなざしに いつもあこがれている
涙が頬をぬらしても それは弱さじゃないよ

出来ない事 数えたりしないで ただ歩けばいいよ

永遠に続く夜はないよ たとえ雨降りでも
少しずつだけど 変わってゆくよ 過ぎる風のにおい
そう 道は続いてるよ

「さよなら」そんな悲しみは 決して放たないから
夕暮れが闇を連れてきても 心細くはないよ

ひとりきりで戦おうなんて 思わないでいいよ

空の星たちが 薄く消えて 見失いそうな時
きっとあと少し…もう少しで来るよ それは朝の訪れ
どこまでも続くこの世界で 今にも飛べそうな
君を見てるよ ここで見てるよ 眩しい気持ち抱いて
そう いつもそばにいるよ

永遠に続く夜はないよ たとえ雨降りでも
少しずつだけど 変わってゆくよ 過ぎる風のにおい
どこまでも続くこの世界で 2人手を繋いで歩いてゆける
そんな奇跡が 見守ってくれるから
もう 怖がらなくていいよ

Vision d’Escaflowne

Hitomi est une jeune lycéenne douée pour la cartomancie et l’athlétisme. Un jour alors qu’elle courrait, un mystérieux jeune homme apparait devant elle dans une colonne de lumière, suivi d’un dragon qu’il terrassera. Mais tous deux vont ensuite être envoyés sur Gaïa, un autre monde où la guerre fait rage.

Visions d’Escaflowne propose une aventure sympathique, qui brillera surtout dans ses décors. Le scénario nous emmènera dans cet autre monde à la fois dépaysant et charmant, à travers une guerre grandissante. On découvrira alors un univers assez riche, proposant une intrigue intéressante au travers de ses différents personnages et éléments. Les rebondissements seront également plutôt sympas, même si certains, notamment dans la deuxième moitié, auront tendance à sortir de nul part. Le scénario semble ainsi vouloir rajouter toujours plus d’éléments, sans chercher à les approfondir ni à les réutiliser. On pourra se retrouver perdu dans certaines tournures des évènements, et surtout dans la finalité du scénario, qui se mord finalement la queue. C’est d’autant plus dommage que l’anime proposait quelques bonnes idées dans ses personnages et son univers. Les quelques thèmes abordés seront tels les éléments du scénario, ajoutés sans être approfondies.
Les personnages sont assez attachants, et on les suivra sans mal dans leur aventure. Offrant une bonne diversité, leurs évolutions seront cependant assez moindres, tournant souvent en rond dans leurs réflexions. Ainsi, malgré l’attachement, on aura parfois du mal à les suivre, la faute à un développement trop peu poussé et au scénario qui tourne lui aussi en rond. Certains auront bien des changements, mais souvent trop rapides et inexpliqués, comme pour Folken ou Dilandau. Hitomi sera au final la plus explorée et réussie.
Les musiques sont superbes, donnant une réelle teneur aux combats, enjeux et émotions. Les scènes en seront davantage réussies, les thèmes apportant une ambiance solennelle et grandiose qui colle bien aux décors.
Les décors sont très beaux, proposant une diversité assez grande d’environnements et de styles, le tout avec une mise en scène réussie. Les paysages seront ainsi assez grandioses par moment, et les lumières y apporteront une très belle touche.
La fin est assez jolie, bien qu’assez peu surprenante et impactante. Visions d’Escaflowne propose ainsi quelque chose d’assez similaire à beaucoup d’œuvres de son époque, ne s’en distinguant vraiment que par sa belle production. Je lui mettrais un 7/10.

Le film est très bon, proposant une refonte de l’histoire en une petite aventure réussie et impressionnante dans ses combats et décors. La mise en scène est très bonne, et le scénario en lui-même propose quelque chose de bien plus concret et tangible que l’anime. Un vrai plaisir à regarder, notamment par ses décors époustouflants, qui donne une réelle saveur aux personnages et à cet univers. Le film mériterait ainsi un 8/10.

Episodes: 26 + 1 film

Ost remarquables: L’ost, avec la belle Memory of Fanelia, la très belle Final vision, la très bonne Into Gaea, la bonne Yakusoku wa iranai, la très belle Arcadia, la bonne Shadow of doubt, la très bonne Flying dragon, l’excellente Revenge, la bonne Love, la très jolie Fanelia, la belle Perfect world, la très bonne Dance of curse 2, la jolie You are not alone, la très bonne Vision of escaflowne, la superbe Take my hands, la bonne Country man, la très bonne Black escaflowne, la très belle A far cry, la bonne I recommend instincts, la belle Farewell, la belle Sora’s folktale, la belle If you, et la magnifique Sora.

Un très bon amv:

Un bel amv:

Et un bon amv:

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RSP – Tabidatsu kimi e (Traduction)

Traduction de Tabidatsu kimi e (Pour toi qui prends ton départ) de RSO, qui est le 22e ending de Bleach.

(La version complète sur niconico: https://www.nicovideo.jp/watch/sm29647563 )

La danse des pétales de cerisier, sous un ciel encore un peu froid
Tu t’en vas, portant rêves et espoirs sur tes petites épaules

Pour ton départ imminent, je veux te faire un cadeau
Au moins aujourd’hui, je peux te le dire sérieusement
Dans ce bouquet d’innombrables sourires,
Il y a le message que je veux te transmettre

Merci, d’avoir ri avec moi
Merci, d’avoir pleuré avec moi

Ca ira, ne t’en fais pas,
File droit devant-toi sur cette seule voie à laquelle tu crois

Toutes ces confidences que je n’ai faites qu’à toi,
Bien qu’on se soit parfois aussi heurtés et disputés

Quelqu’un à qui l’on peut autant ouvrir son cœur,
Ce n’est que trop rare
Quand on est en peine, on peux se plaindre à elle
Et lorsqu’on a envie veux de pleurer, on lui téléphone

Ca ira, quelle que soit ta fatigue
Ca ira, je serai toujours de ton côté

Que tu te maries ou que tu vieillisses,
Je serai toujours fière de t’avoir comme meilleure amie

Feignant de plaisanter, je dissimulais mes larmes débordantes
De l’autre côté de la fenêtre où tu prenais ton départ,
Ta silhouette me faisant signe de la main,
Rapetissait petit à petit

Merci, d’avoir ri avec moi
Merci, d’avoir pleuré avec moi

A travers le temps qui passera,
Toi, ne change pas

Adieu, c’est maintenant que tout commence
Adieu, je serai toujours de ton côté
Ca ira, tu n’es pas seule
Il y aura toujours ici, une place pour ton retour


Sakura mau, mada sukoshi samui sora no shita
Kimi wa yuku, chiisana kata ni yume ya kibô wo nosete

Ima tabidatsu kimi ni okuritai
Kyô kurai majime ni itta tte iinjan
Arittake no egao wo hanabata ni
Kimi ni tsutaeyô messeiji

Arigatô isshoni waratte kurete
Arigatô isshoni naite kurete

Daijôbu da yo shinpai wa nai yo
Shinjita michi dake massugu ni hashirun da yo

Kimi dake ni uchiaketa naishobanashi toka
Tokidoki wa butsukari atte kenka mo shita kedo

Konna ni kokoro yuruseru hito wa
Metta ni iru mon janai yo ne
Tsurakattara guchiru no mo ari de
Nakitai toki wa denwa shite

Daijôbu donna ni tsukarete itemo
Daijôbu itsudatte mikata dakara

Kekkon shitemo obasan ni nattemo
Itsumade tattemo jiman no shinyû da yo

Fuzaketa furi shite afureru namida gomakashita
Ugokidasu mado no mukô
Te wo furu kimi no sugata ga
Dandan chiisakunatteku

Arigatô isshoni waratte kurete
Arigatô isshoni naite kurete

Kawatteiku toki no naka de
Kimi wa kawaranaide ite

Sayonara koko kara hajimaru kara
Sayonara itsudatte mikata dakara
Daijôbu da yo hitori ja nai yo
Kaettekuru basho wa itsudemo koko ni aru yo


桜舞う まだ少し寒い空の下
君は行く小さな肩に夢や希望のせて

いま旅立つ君に贈りたい
今日くらい真面目に言ったっていいんじゃん
ありったけの笑顔を花束に
君に伝えようメッセージ

ありがとう一緒に笑ってくれて
ありがとう一緒に泣いてくれて

大丈夫だよ 心配ないよ
信じた道だけまっすぐに走るんだよ

君だけに打ち明けたナイショ話とか
ときどきはぶつかりあってケンカもしたけど

こんなにこころ許せる人は
めったにいるもんじゃないよね
辛かったら愚痴るのもありで
泣きたい時は電話して

大丈夫 どんなに疲れていても
大丈夫 いつだって味方だから

結婚してもオバさんになっても
いつまでたっても自慢の親友だよ

ふざけたフリして溢れる涙ごまかした
動き出す窓の向こう
手を振る君の姿が
だんだん小さくなってく

ありがとう一緒に笑ってくれて
ありがとう一緒に泣いてくれて

変わっていく時間の中で
君は変わらないでいて

さよなら ここから始まるから
さよなら いつだって味方だから
大丈夫だよ 一人じゃないよ
帰ってくる場所はいつでも ここにあるよ

 

Lia – Toki wo kizamu uta (traduction)

Traduction de Toki wo kizamu uta (Le chant du temps qui passe) de Lia, qui sert de premier opening à Clannad After Story.

 

Je ne fais que regarder le sablier s’écouler
En le retournant, voilà qu’il repart de zéro
Ce temps qui avance d’autant qu’il s’est déjà écoulé
Un jour, moi aussi, pourrais-je y pénétrer?

A mi-chemin de cette colline où toi seule a continué
Quelques doux coins ensoleillés
Tout seul, je me remémorais ici
Cette douce chaleur

Je n’aimais
Que toi, rien que toi
Mes yeux se brouillent dans le vent,
Tu es si loin

Je me souviendrai toujours,
Même si tout venait à changer,
D’une chose, juste d’une chose,
Une chose bien ordinaire, mais
Tu verras, cette unique chose étincelante
Je la protègerai pour toujours et pour toujours

Les jours frisquets continuent, c’est pourtant déjà le printemps
Un matin je me suis levé avant mon réveil
Et toi, préparant un repas pour trois,
Tu te dressais là

Toi seule, toi seule n’est plus à mes côtés
Jusqu’à hier, juste à côté de moi, tu me regardais

Je n’aimais
Que toi, rien que toi
C’est la chanson que je chante
Juste avec toi, juste avec toi
Ce temps passé ensemble
C’est le notre, rien que le notre
Continuer sans toi,
Je m’y refuse

Je m’en souviendrai toujours,
Même si cette ville venait à changer
Et quelque soit la tristesse à laquelle je devrais faire face,
Tu verras, qu’au fond je suis aussi fort qu’avant
Alors, j’y vais, je me mets en route, sur le chemin de cette colline


Ochite iku sunadokei bakari miteru yo
Sakasama ni sureba hora mata hajimaru yo
Kizanda dake susumu jikan ni
Itsuka boku mo ireru kana

Kimi dake ga sugisatta saka no tochû ha
Atatakana hidamari ga ikutsumo dekiteta
Boku hitori ga koko de yasashii
Atatakasa wo omoikashiteru

Kimi dake wo kimi dake wo
Suki de ita yo
Kaze de me ga nijinde
Tooku naru yo

Itsumademo oboeteru
Nani mo kamo kawattemo
Hitotsu dake hitotsu dake
Arifureta mono da kedo
Miseteyaru, kagayaki ni michita sono hitotsu dake
Itsumademo itsumademo mamotteyuku

Hadasamui hi ga tsuzuku, mô haru nanoni
Mezamashi dokei yori hayaku okita asa
San nin bun no asagohan wo tsukuru kimi ga
Soko ni tatteiru

Kimi dake ga kimi dake ga soba ni inai yo
Kinô made sugu soba de boku wo miteta yo

Kimi dake wo kimi dake wo
Suki de ita yo
Kimi dake to kimi dake to
Utau uta da yo
Bokutachi no bokutachi no
Kizanda toki da yo
Katahô dake tsuzuku nante
Boku wa iya da yo

Itsumademo oboeteru
Kono machi ga kawattemo
Dore dake no kanashimi to deau koto ni nattemo
Miseteyaru, hontô wa tsuyokatta toki no koto
Saa, iku yo, arukidasu, saka no michi wo


落ちていく砂時計ばかり見てるよ
さかさまにすればほらまた始まるよ
刻んだだけ 進む時間に
いつか僕も 入れるかな

君だけが過ぎ去った坂の途中は
あたたかな日だまりがいくつもできてた
僕一人が ここで優しい
あたたかさを 思い返してる

君だけを 君だけを
好きで いたよ
風で目が 滲んで
遠く なるよ

いつまでも覚えてる
なにもかも変わっても
一つだけひとつだけ
ありふれたものだけど
見せてやる輝きに満ちたそのひとつだけ
いつまでもいつまでも守ってゆく

肌寒い日が続くもう春なのに
目覚まし時計より早く起きた朝
三人分の朝ご飯を 作る君が
そこに立っている

きみだけが きみだけが そばにいないよ
昨日まで すぐそばで 僕を見てたよ

君だけを 君だけを
好きで いたよ
君だけと 君だけと
歌う 唄だよ
僕たちの 僕たちの
刻んだ 時だよ
片方だけ 続くなんて
僕は いやだよ

いつまでも覚えてる
この町が変わっても
どれだけの悲しみと出会うことになっても
見せてやる本当は強かった時のこと
さあいくよ歩き出す坂の道を

Alors je rêve

(Plutôt qu’un poème, je l’ai écrit plus une moins comme une chanson / rap).

 

Tu sais, le monde est vaste et plein de promesses
Pourtant le temps passe et presse ma détresse
J’ai déjà cru qu’ici rien ne me retient
Et j’avais beau fuir, c’est toujours ici que je reviens
A oublier le regard des miens dans le vide de mes nuits
Je pleure leurs départs par culpabilité de mon ennui
Je fuis le jour et les gens, l’amour et mes problèmes
Je prie la lune au secours, lui tendant mes mains blêmes
Et je feins les sourires pour qu’on me laisse m’endormir
Alors je rêve

Alors je rêve que le monde m’appartient
Que le soleil brille sur mes lendemains
Alors je rêve que j’suis encore un gamin
Que la forêt est pleine de fée et de lutins
Alors je rêve, que la peur m’abandonne enfin
Et que le futur m’ouvre son chemin

Et je me réveille, toujours midi passé, toujours une vie à oublier
Je comble mon affliction de simulacres qui ne font que l’accentuer
Jour et nuit je me perds en pensées,
Mais surtout la nuit, parce que le jour je préfère me cacher
Ma vie s’effile et ses fils m’étranglent
Parait que la solution c’est juste de regarder d’un autre angle
Alors je pends des cordes aux arbres morts et pleins de crasses
En espérant que le monde y trébuche à ma place
Et si la terre est plate alors pourquoi est-ce que je tourne en rond ?
Alors je rêve

Alors je rêve de continuer de rêver
Je rêve de ne jamais me réveiller
Alors je rêve d’arrêter de regretter
De dire à ma mère que je l’ai toujours aimée
Alors je rêve, d’être plus que l’ombre de mes pensées
Et de pouvoir sourire à ceux qui m’ont aimés

Les chimères se fondent et m’abyment
Plus j’y plonge et plus je déprime
Mélancolie et désespoir dans chacune de mes mains
Je refuse de lâcher les seuls biens que j’ai jamais atteints

Je pense à hier et à demain, au mal et au bien
Et je ferme une dernière fois les yeux sur mon destin

Alors je rêve, que j’ai existé, en vain.

Shigurui (magistral!)

Au début de l’ère Edo est organisé par le shogun un tournoi à armes réelles. Gennosuke Fujiki, manchot, et Seigen Irako, aveugle, vont alors s’affronter. Tous deux étaient disciples de l’école Kogan, que Seigen vint un jour défier, changeant le cours de leur vie.

Shigurui est un spectacle dont on ne peut détourner les yeux, qui nous happe tant par sa violence que par son aura. Le scénario nous entraine dans une lente descente au enfer, à travers un quotidien où arts martiaux et force font lois. Chaque scène nous fera découvrir un peu plus de cette époque féodale bien retranscrite, dans sa rudesse et ses temps morts. Car, bien que les combats soient au centre de l’histoire, ce sentiment d’attente, d’entre-deux, d’un quotidien parfois pesant, parfois simple, est excellement retranscrit. Les rebondissements n’en seront que plus impactants, portant un violent coup dans ce calme illusoire. Et l’histoire nous réserve son lot de surprises, à travers des personnages et une mise en scène des plus maitrisés. L’anime en lui même semble tel une pièce de Nô, lente, pesante, en proposant des musiques assez similaires, et figeant chaque mouvement et rebondissement dans l’air. Le tout avec une quête perpétuelle de pouvoir dans des techniques de sabres excellemment illustrées.
Les personnages sont maitrisés, apportant une réelle saveur à chacun d’eux, non seulement par leur chara design, mais aussi dans leurs caractères et évolutions. En outre, tous seront traités de manière ni blanche ni noire, leurs actions variant d’une situation à une autre, nous faisant autant détester que respecter certains d’eux. Que ce soit dans leurs dialogues, leurs combats ou autres interactions, ils sauront nous marquer et crever l’écran de leur présence, que ce soit dans le calme ou la folie. Très bien écrits, ils sauront nous immerger dans leurs émotions et leurs quêtes, tous mêlant avec saveur folie, jalousie, vengeance et non-dits.
La mise en scène est magistrale. Epurée, lente, pesante, mais surtout maitrisée à un point fou. Accompagnée des musiques, le parallèle avec le théâtre japonais semble des plus appropriés. Les atmosphères de chaque scène nous happent, sans nous relâcher avant la fin de l’épisode. Les décors et habits retranscrivent très bien l’époque, et nous sont montrés avec un soin minutieux. Le travail des lumières et couleurs est également ahurissant, apportant beaucoup aux ambiances. Quant aux combats, ils sont excellement montrés, proposant des atmosphère lourdes et intenses, tout en étant fluides une fois la lame lancée. Le tout est soutenu de certains effets visuels qui viendront appuyer à merveille la puissance et la psychologie des guerriers.
Les musiques sont excellentes, usant du registre classique japonais et rythmant à merveille les scènes tout en leur apportant le ton et la teneur dont elles ont besoins. Entre l’ambiance visuelle et celle sonore, on est presque hypnotisé par la qualité du spectacle qui nous est offert. Même une simple comptine saura nous atteindre à travers sa mise en scène et son utilisation.
La fin propose sûrement la quintessence de tout l’anime, avec des scènes marquantes et un combat monstrueux dans les deux sens du terme. Shigurui est un spectacle dont on ne ressort pas indemne, et qui est mené d’une main de maitre pour nous proposer une expérience unique et inoubliable. Notre seul regret sera de ne pas avoir toute l’histoire adaptée. Je lui mettrais un 9/10.

Episodes: 12

Ost remarquables: L’ost, avec un très bon op, l’excellente Ikko Sôryû, la bonne Nanachô nenbutsu, la très bonne Kairai, la très bonne Ankun, la bonne Mumyô Gyakunagare, la bonne Kiba, la belle Akune, la bonne Nôbi musô, la bonne Muzan, et la belle Ichijiku Ninjin.

Un très bel amv:

Un très bon amv (avec spoils):

Et un très bon amv (avec spoils):

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Kizumonogatari : Adolescence et sexualité

La série des monogatari s’est toujours ancrée dans l’adolescence de ses personnages, à travers leurs problèmes et les évolutions qu’ils proposaient. Et si Owarimonogatari marque la fin de l’adolescence pour notre cher Araragi, l’une de ses musiques s’appelant littéralement « la fin de la jeunesse », le début de cette période agitée est bien entendu Kizumonogatari. Ce dernier, ou plutôt ces trois films, marqueront donc le début du passage d’Araragi à l’âge adulte. Je voulais donc revenir sur cette étape cruciale de son évolution, mais aussi sur celle de Hanekawa, que ce soit dans leur gain de maturité ou par le thème de la sexualité. En effet, adolescence et sexualité sont des thèmes pour le moins indissociables, et Kizumonogatari nous le prouvera bien. Le but n’est pas ici d’analyser de fond en comble les trois films, mais d’en faire ressortir les principaux symboles et thématiques de l’adolescence, et de les mettre en lumière.

 

1 : Hanekawa : Symbole et fantasme

Pour commencer, on peut se demander quel est l’élément déclencheur de cette histoire. Araragi est un lycéen solitaire, sans amis, fuyant la faiblesse que ces derniers représentent. De cette manière il se prive à la fois du malheur qu’ils apportent, mais aussi des joies qu’ils pourraient lui faire partager. Il s’enferme donc dans un quotidien morne et sans perspective d’avenir. L’image parfaite d’un adolescent perdu. Arrive alors Hanekawa, dans une pluie de pétales de cerisiers. Tout au long des trois films, cette dernière sera apparentée à la fleur de cerisier, que ce soit dans un plan de la fleur enchainant sur elle, ou dans la couleur de ses vêtements (et sous-vêtements). La fleur de cerisier étant symbole de jeunesse, mais aussi de fugacité (ici donc, celle de la jeunesse), Hanekawa endosse à merveille le rôle du symbole de la jeunesse d’Araragi. Plutôt qu’un premier amour, Hanekawa se dévoile comme son premier fantasme. Ainsi, dans les séries suivantes, Araragi n’aura de cesse de rappeler son fantasme sur la poitrine de Hanekawa. En outre, elle est tout ce qu’il n’est pas. La première de la classe, intelligente et célèbre. La mise en scène du début du premier film les oppose de plus entre la lumière qu’est Hanekawa, et l’ombre qu’est Araragi. Et tel un yin et yang hétéro, les deux contraire s’attirent. Ainsi, elle s’impose comme l’amie d’Araragi en lui forçant la main. Par son caractère joueur (qui annonce sa transformation future en chat), on devine aisément son attirance pour Araragi. Attirance, mais aussi attrait de l’inconnu, du mystère, qu’il représente. Cela par son côté solitaire, mais aussi par l’autre sexe qu’il représente. Plus que tout autre, Hanekawa est en pleine effervescence de son adolescence. Elle explique au début du deuxième film que « à notre âge, c’est normal de vouloir quelque chose d’extraordinaire », et donc quelque chose dont elle n’a jamais fait l’expérience. Et si Hanekawa prétexte vouloir rencontrer un vampire, chose à laquelle elle ne croit pas elle-même, c’est dans le but de rencontrer un garçon. Car à l’adolescence, quelle créature est plus mystérieuse et « extraordinaire » que l’autre sexe ? C’est ainsi que dans tous ses dialogues avec Araragi, elle ramènera elle-même le sujet au sexe, jouant sur l’excitation d’Araragi comme un flirt assumé, de manière provocatrice et « adolescente ».

De son côté, Araragi se verra apporter cette adolescence par Hanekawa, les pétales de son apparition l’atteignant alors. A ce moment, ses yeux semblent s’ajuster, comme s’il commençait à voir, à entrer dans un nouveau monde, celui de l’adolescence. En plus de devenir sa seule amie, Hanekawa lui apporte l’effervescence qu’il manquait à son adolescence, le désir sexuel. Bien que ne la comprenant pas, Araragi est heureux de cette rencontre. Et plus que ça, il en sera excité. En plus du fantasme ambulant que représente Hanekawa, cette dernière, une fille, s’est intéressée à lui. Cela suffit à l’adolescent qu’il est pour que son excitation prenne le pas sur sa raison, le son des secondes se transformant peu à peu en son rythme cardiaque très élevé. Sur le point d’exploser, il cherchera alors un exutoire, la masturbation, pour cesser d’être obsédé par l’image de Hanekawa. La mise en scène le montrant comme un train à vapeur accélérant, finissant en TGV sur le chemin de la librairie pour acheter un magazine érotique. Cependant, Araragi n’assumera pas cette « transformation » en lui, fuyant la plupart du temps les avances de Hanekawa. Il ira jusqu’à la rejeter violemment dans le deuxième film, pour la protéger des vampires, mais aussi par peur de ce qu’elle provoquait en lui, montrant à ce moment une sorte de crise d’adolescence. Hanekawa fuit alors, considérant qu’elle venait d’être rejetée.
Araragi acceptera plus tard de se réconcilier à condition qu’elle lui montre sa culotte, cherchant à la fois à la fuir, tout en espérant une pointe de fantasme. Vivant la scène comme un lever de Terre, c’est Hanekawa qui prendra de nouveau le dessus en disant être prête à aller plus loin. Hanekawa ira jusqu’à lui caresser le torse pendant qu’il se change, prétextant l’étudier en tant que non-humain. Par cette fascination du corps, on retrouve cette curiosité presque candide de l’autre sexe. Elle déclarait juste avant cette scène, envier ce qu’elle n’a pas, et donc chercher l’extraordinaire. « Je souhaitais un changement dans ma vie ». Elle souhaitait donc, pour ainsi dire, passer un cap, celui de la sexualité. Leur jeu de séduction arrive alors au stade d’une parodie de déclaration. Tous deux s’amusent dans une ambiance crépusculaire et insouciante, sans arrières pensées et avec la joie de la jeunesse. Araragi parle alors de son ressenti lorsque Hanekawa s’est fait éventrée. Mêlés à l’atmosphère de la scène, ses mots ont tout d’une déclaration, bien qu’il ne semble pas comprendre ce qu’est l’amour. Car il ne la « comprends pas », il ne comprend pas quels sentiments la poussent à aller ainsi vers lui. Et pour cela, « Tu m’effraies ». Il est autant attiré qu’effrayé par l’inconnue, l’autre sexe, qu’elle représente, appréhendant de passer ce cap. Hanekawa se livre alors également à cœur ouvert, se déclarant égoïste et calculatrice (cela dans le but d’être aimée et d’obtenir Araragi). « Si ma présence complique les choses pour toi, Araragi, alors ça va complètement à l’encontre de ce que je veux, non ? ». A son tour, la déclaration est faite. Araragi lui demande alors de l’attendre au nouveau semestre, « du fond de mon cœur ». Elle réagit ici comme à une réelle déclaration, montrant que son cœur s’emballe. Repartant de plus belle dans leur jeu de séduction, Hanekawa ramenant le sujet à la drague et Araragi fuyant le sujet et cette réalité, elle scellera alors leur promesse en lui confiant sa culotte. Désamorçant ainsi le sérieux du combat qu’attends Araragi, tous deux entretiennent de la sorte leur premier « rapport », Hanekawa offrant métaphoriquement sa première fois.
Tous les deux se retrouve une dernière fois en tête à tête, Hanekawa introduisant comme toujours une tension sexuelle, qui atteindra alors son apogée. Araragi, alors décidé à affronter Kiss Shot, lui demande à pouvoir toucher sa poitrine, prétextant l’excuse du combat en retournant le jeu de Hanekawa contre elle. Cette dernière acceptant finalement, Araragi se retrouve au comble de l’excitation, mais aussi de l’appréhension. Hanekawa lui demande alors de ne pas se retenir, déclarant après coup « Je m’imaginais que ça ne s’arrêterait pas à me faire tripoter la poitrine. Je me disais, pourquoi pas ? ». Hanekawa est alors prête à passer ce cap, à devenir « adulte ». Tous deux auront alors une parodie de première fois, faisant l’amour par répliques et positions à l’écran. Mais malgré ce côté fantasmé des paroles, Araragi ne parviendra pas à la toucher. Il n’est pas encore prêt, appréhendant sa première fois comme le fait de devenir adulte.
Ainsi, Hanekawa sera à travers les trois films le symbole de la jeunesse d’Araragi, que ce soit dans ses fantasmes ou dans sa prise de maturité progressive. Elle représente ce vers quoi il tend une fois redevenu humain, mais aussi sa première expérience amoureuse.

 

2 : La métaphore du vampire

Le vampire est un choix astucieux dans le contexte de l’adolescence. Premièrement car, comme on l’a déjà dit, c’est une créature « extraordinaire », dont on n’est curieux autant qu’apeuré, comme pour l’autre sexe. Mais il permet également de jouer sur certain double sens. Tout d’abord visuels. On remarquera à quel point les personnages féminins ont ce teint rosé dans les trois films, les rendant « appétissantes », à croquer. Hanekawa sera également souvent montrer avec un parapluie rouge, colorant le monde gris de cette couleur à la fois symbolique du sang, mais aussi du désir. Couleur qu’on retrouvera dans certaines ambiances de leurs dialogues. Mais le parallèle le plus évident est bien sur le désir du sang. Lorsque qu’Araragi parle avec elle du fait de ne pas avoir de pulsions vampiriques, il la dévore pourtant du regard, marquant son désir sexuel. Mais une fois ce désir de sang présent, les deux pulsions se superposeront à merveille. A commencer par l’imagination d’Araragi, où il se voit embrasser Hanekawa, avant de lui arracher le visage. Cette vision marque d’autant plus la violence de son désir pour elle. Elle incarne donc le rôle du fantasme incarné, que ce soit sexuellement ou « vampiriquement», mélangeant dans sa figure les deux sortes de désir. Et alors qu’il la prévient qu’il la verra sûrement un jour comme de la nourriture, elle lui répond simplement « alors, mange-moi ». En plus du double sens qu’implique sa réplique, elle montre également sa détermination à aider Araragi, à le sauver et pouvoir être avec lui. « Je le fais parce que c’est toi ». Parce que, bien qu’il soit une créature extraordinaire, dans une période extraordinaire de sa vie, il n’en reste pas moins l’humain Araragi qu’elle aime.

 

3 : Le monstre de l’adolescence

La première fois qu’on voit Kiss shot, c’est tel un ange dont le sang forme des ailes ensanglantées. Elle représente alors le monde adulte, une réalité brute et sans filtres, une perte d’innocence. Si Araragi fuit la réalité en s’offrant à elle, c’est aussi que l’adolescence est un temps de folie, qui nous guide vers l’inconnu et l’aventure, parfois avec une curiosité morbide (films d’horreurs etc.). Cette fuite se fait notamment ici dans la poitrine maternelle de Kiss Shot, Araragi n’acceptant pas de grandir. Ce refus de grandir le rendra pour ainsi dire immortel, éternellement adolescent. Car comme à l’adolescence, son corps va alors changer (dents pointues, musculature). Il va également découvrir le monde de la nuit, celui des frayeurs mais aussi des possibles, un monde hors du temps, un entre-deux. Et comme un adolescent, il se sentira par moment invincible. Cependant, Araragi veut redevenir humain, et donc continuer à grandir. Et c’est Kiss Shot qui fera office de compte à rebours, à travers la croissance de sa forme enfantine à sa forme adulte. Le premier combat d’Araragi se passe notamment dans son école, montrant un désir de normalité mais aussi de grandir. Les combats servent ainsi de rites de passage, chacun faisant évoluer un peu plus Kiss Shot en adulte. Le tout sera bien-sûr en parallèle de sa relation avec Hanekawa, qui poussera Araragi à redevenir humain, et ne pas abandonner. Alors qu’il est littéralement devenu un monstre, Hanekawa le ramène par ses avances à sa condition de simple humain, un jeune homme sans importance.
Cependant, une fois Kiss Shot adulte, Araragi se retrouve confronté à la réalité que représente cette dernière. Effrayé de ce que représente un adulte, et de sa propre responsabilité, il ira jusqu’à penser au suicide pour échapper à ses tourments d’adolescent, et à l’âge adulte. Hanekawa le sauve de ces pensées, dans une scène où elle le rattachera au réel, et donc à elle, par plus de mains qu’elle n’en possède. Il se retrouve alors prêt à affronté Kiss Shot, et donc à devenir adulte. Car elle n’est qu’au final qu’un alter ego, la figure de tout ce qu’il est et de ce qui l’effraie. Et pour marquer ce nouveau rite de passage, le tout se déroulera dans un stade, telle une épreuve olympique. La sur-violence absurde du combat marque bien le côté inhumain de cet affrontement et comment il devrait se finir. Cependant, une référence à Hellsing plus tard, Kiss Shot souhaitant être tuée par lui, qu’il prenne ses responsabilités, ce dernier refusera. Car dans le passage à l’âge adulte, tout ne peut finir de manière heureuse. Car cette histoire « se terminera quand tout le monde sera malheureux ». Araragi préfère un peu de malheur dans sa vie, quitte à n’être jamais que l’ombre d’un humain, que de sacrifier son innocence, ce qui fait de lui un humain, en tuant Kiss Shot. Et c’est peut-être cela la plus grande preuve de maturité qu’il pouvait montrer. Il n’est plus un enfant, et les miracles ne sont donc plus d’actualités. Oshino a ainsi le rôle du père durant les trois films, poussant Araragi vers l’avant et le confrontant à ses choix.

A travers ses vacances de printemps, Araragi aura vécu une étrange expérience. Une expérience sanglante dont les cicatrices resteront à jamais. Mais grâce à elles, il peut aller de l’avant, il peut grandir malgré le poids du malheur qu’il porte. « C’est l’histoire de nos précieuses blessures ».